jeudi 29 janvier 2009

UMAGA, ACTE 2

Un an et cinq mois après avoir raccroché ses crampons, Tana Umaga fera son grand retour sur les terrains vendredi face à Mont-de-Marsan. Le Néo-Zélandais de 35 ans, premier entraîneur-joueur de l’histoire du Top 14, tente un pari risqué.

Wellington, 11 août 2007. Tana Umaga met un terme à sa riche carrière. Quelques mois après une courte pige à Toulon terminée le 7 janvier à Mayol sur une victoire contre Grenoble, l’ancien capitaine des Blacks (74 sélections et 36 essais de 1997 à 2005) raccroche ce jour-là les crampons au terme d’un dernier match avec les Hurricanes. Clap de fin pour l’un des joueurs les plus doués de sa génération. Un an et cinq mois ont passé depuis et l’incroyable est désormais en passe de se réaliser. Le Néo-Zélandais est en effet sur le point de reprendre du service. Non plus en Pro D2 mais en Top 14. La rumeur avait déjà circulé cet été, quelques jours avant la reprise du championnat. C’est aujourd’hui une réalité. Le président Mourad Boudjellal, qui a confirmé la nouvelle en début de semaine lors d’une conférence de presse très attendue, ne boude pas son plaisir.

« Il y a deux ans, on avait beaucoup de mal en Pro D2 et on a gagné sept matchs sur sept avec lui. Je crois que les joueurs sont toujours prêts à mourir sur le terrain quand Tana est là. C’est un leader naturel et l'équipe a un respect énorme pour lui. Alors la magie va-t-elle opérer à nouveau ? On verra ça lors de son premier match. » A priori dès vendredi soir contre Mont-de-Marsan. Premier entraîneur-joueur de l’histoire du Top 14, Tana Umaga s’est auto-sélectionné pour ce match ô combien important pour l’avenir du RCT. Un mois seulement après avoir repris l’entraînement, le Néo-Zélandais replonge dès ce week-end dans le grand bain. Un pari forcément risqué pour un joueur de 35 ans. Philippe Saint-André, nommé président sportif délégué pour la saison prochaine, rassure : « S’il peut jouer et entraîner en amenant une plus-value à l’équipe, tant mieux. Cela va donner une confiance supplémentaire au groupe pour vendredi. C’est un grand joueur, un grand champion. Et s’il revient sur le terrain, c’est qu’il a dû se préparer. »

Sur la balance, l’intéressé affiche 100 kilos. Comme à la belle époque. Il faut dire qu’Umaga a travaillé dur pour retrouver une silhouette plus athlétique. « Je me sens bien, même si les trois dernières semaines ont été difficiles, mais mon corps répond bien, a-t-il expliqué dans une vidéo diffusée sur le site du RCT. Je dois attendre un peu avant d'atteindre ce top niveau. Il y a toujours un risque, dans n'importe quel métier, à prendre. Je dois retrouver ma meilleure forme parce que le Top 14 exige un très haut niveau. Je veux tout mettre en œuvre pour maintenir le club dans le Top 14. Les gens ici m'ont beaucoup donné et j'aimerais leur rendre en essayant de faire mon maximum comme ils l'ont fait pour moi. » Le chemin sera long et semé d’embuches. Dernier avec vingt points en quinze journées, Toulon n’a de toute façon plus vraiment le droit à l’erreur. Tana Umaga non plus. Car si le club descend en Pro D2, le Néo-Zélandais, dont l’encombrant salaire tourne à environ 35 000 euros mensuels, pourrait faire ses valises. A Umaga de faire le nécessaire sur le terrain.
source rugby 365

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